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  • Romain Pascal Romancier

Un bel interview par Valérie DESFORGES de Miss Konfidentielle

Interview de Romain Pascal, chargé de mission à la DGGN et auteur de romans policiers GENDARMERIEPOLITIQUE Par Valérie Desforges Dernière mise à jour 28 Sep, 2020 Interview de Romain Pascal

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Après avoir interviewé Christophe Molmy, Miss Konfidentielle partage avec vous son entretien enthousiasmant avec Romain Pascal, chargé de mission à la Direction Générale de la Gendarmerie nationale et auteur de romans policiers. L’écrivain s’exprime tout en spontanéité et sincérité. Un parcours initiatique bien agréable à découvrir et qui vous incitera peut-être à prendre votre plume ! Bonjour Romain,

Pourquoi l’écriture. Quel a été votre déclic ? Il n’y a pas vraiment eu de déclic ou de projet remontant à mes jeunes années. Depuis mon enfance, je suis passionné par l’objet livre. J’ai été très tôt un grand lecteur, dévorant romans, essais, livres historiques. Ma scolarité a naturellement été marquée par les matières littéraires et l’histoire. Je suis un admirateur de l’œuvre d’Alexandre DUMAS qui permet de concilier cet environnement historique, ces fresques longues et fouillées et des personnages hauts en couleur qui permettent au lecteur de tomber amoureux. Cherchant à préparer Saint-Cyr, je me suis orienté vers une classe préparatoire littéraire. La rencontre avec mon professeur de lettres, M. Pascal RIOU, lui-même poète, a conforté cet engouement pour le livre. Pour revenir à l’écriture proprement dit, tout est parti d’une lecture, somme toute assez anecdotique. Mon épouse m’avait offert à Noël Le tueur intime, roman policier de Claire Favan. Sortant de cette lecture, en février 2014, j’ai tenté à mon tour l’expérience d’écriture afin de me confronter à l’exercice et ses difficultés. Un pari avec moi-même en quelque sorte !

Comment s’est passée l’écriture de votre premier roman ? Mon premier roman a été écrit, comme ça, sans préparation. Un exercice face à l’ordinateur durant un trimestre. L’exercice m’a vraiment enthousiasmé ! Cette écriture artisanale, sans fiches, sans idées bien arrêtées, m’a permis de laisser mon imagination vagabonder et l’envie me guider. La magie opérait et je tombais amoureux de ces personnages qui finissaient même parfois par me surprendre par leurs soubresauts ou leurs évolutions. La fin de l’histoire a été un peu celle que j’avais en tête. Le manuscrit a dormi dans une clé USB durant plusieurs années. Le hasard a ensuite pris le relais. En 2017, alors que je commandais le groupement de gendarmerie départementale de la Loire, une amie journaliste du Républicain Lorrain du prénom de Saad, rencontrée en Moselle lorsque je commandais ma compagnie de gendarmerie départementale m’a permis de débuter l’aventure. Je lui ai envoyé le manuscrit. Ses retours m’ont convaincu qu’il fallait essayer de viser une publication. Naïvement, j’ai adressé le manuscrit à sept maisons d’édition prises au hasard en regardant ma bibliothèque. Trois réponses négatives et puis rien. Plus tard, j’ai rencontré deux ligériens, universitaires et eux-mêmes écrivains ayant choisi de mettre en scène des gendarmes en poste dans le département de la Loire. J’ai souhaité les rencontrer en tant que patron de la gendarmerie locale et pour mettre en lumière leurs livres. Eux-mêmes autoédités, ils m’ont acculturé à cette possibilité naissante et j’ai choisi de faire confiance à la start-up parisienne Librinova, une petite entreprise française qui semblait porter des valeurs de proximité avec leurs auteurs. Le roman Une exception française a ainsi vu le jour en septembre 2019. Les ventes ont rapidement été intéressantes, et les retours positifs des lecteurs et de libraires me permettent d’espérer un intérêt de la part d’une maison d’édition traditionnelle.

Parlez-nous de ce roman Une exception française. Les maux de Pandore Tome 1  Le titre initial était Les maux de Pandore. Un des universitaires écrivains évoqués, Jean Ducreux, qui avait lu le manuscrit m’a incité à envisager un autre titre, moins révélateur et j’ai accepté de lui faire confiance. Une exception française résume justement le roman. J’ai conservé mon titre initial en le convertissant en titre chapeau d’une série, annoncée comme étant une trilogie. Pour la première fois, la gendarmerie est confrontée à un phénomène criminel inédit, une série de crimes particulièrement abominables touchant exclusivement de jeunes militaires masculins dans l’Est de la France. Face à cela, l’institution va se mettre en ordre de marche et le lecteur accompagne par l’entremise des personnages, un officier Thierry Massilon, une enquêtrice Julie et une journaliste locale Ayala, la traque du tueur en série. En écrivant j’avais envie : D’écrire sur la gendarmerie qui n’est à mon sens pas encore suffisamment présente dans la littérature policière française, ou alors souvent mise en scène de matière anecdotique comme faire valoir d’un grand flic, ou alors mise en scène de matière caricaturale. Mon idée était de rendre hommage aux vrais gendarmes. Ces femmes et ces hommes que je commande depuis près de vingt ans, qui ont des qualités professionnelles mais aussi des tares, des problèmes personnels, familiaux. Dans mon livre, il n’y a pas de héros omniscient et infaillible, mais des vrais gendarmes, ceux qui tous les jours se consacrent à corps perdus à la sécurité de leurs concitoyens tout en étant eux-mêmes des femmes et des hommes parfois englués dans des tracas quotidiens. J’ai apprécié les retours de mes collègues qui me disent avoir reconnu cette gendarmerie qui est leur quotidien. D’écrire autour d’un personnage féminin complexe. Mais là, au lecteur de découvrir ce que je sous-entends. J’ai aimé l’exercice impliquant de se mettre dans la tête d’une femme. Enfin, et finalement il y avait trois idées originelles, je voulais me confronter à la violence. Je précise que le roman s’appuie sur aucune expérience vécue. A part les lieux qui sont véridiques, les modes d’action qui sont assez précisément relatés, tout le reste est romanesque et tiré de mon imagination. J’ai effectivement participé à des séances de dédicaces à Saint-Etienne, en librairies ou à l’occasion de la fête du livre organisée dans cette ville. La confrontation, la rencontre avec les lecteurs est un envers du décor passionnant, stimulant, enrichissant, et ce d’autant plus que beaucoup me disent avoir apprécié mon livre et attendre la suite (sourire). Comment votre entourage personnel et professionnel a t-il réagi en lisant votre thriller ? Mon épouse m’a accompagné tout au long de l’écriture. Elle-même poète à ses heures perdues, elle a été un soutien, un conseiller et une critique parfois sévère. Du côté de la gendarmerie, l’accueil a été particulièrement sympathique. Mes collègues, mes anciens subordonnés ont tous été intrigués et ont rapidement réservé un accueil chaleureux au roman. De son côté, l’institution est particulièrement intéressée par ces expériences. Elle vient d’ailleurs de remettre en place un prix littéraire. J’ai ainsi pu bénéficier d’une belle promotion en interne et ai tenu à offrir à notre directeur général Christian Rodriguez un exemplaire dédicacé.



Quels arguments pourraient convaincre – les lecteurs du Tome 1 de lire le Tome 2 – les lecteurs qui ne vous connaissent pas de lire les deux Tomes ? Les deux romans sont totalement indépendants si ce n’est que des personnages, deux en l’occurrence, se retrouvent dans les livres de la série. Les lecteurs peuvent donc indifféremment commencer par un des deux tomes. A écouter des professionnels de l’édition, les lecteurs aiment aujourd’hui s’attacher et suivre un personnage. La série, la rencontre filée sur plusieurs livres est donc un phénomène intéressant qui permet de rentrer dans l’intimité des personnages et de les voir évoluer. Et c’est ce que j’apprécie aussi. Mes livres sont basés sur ma connaissance de la gendarmerie et des rouages administratifs. Tout est plausible, je pense, et toute l’action se déroule comme elle se déroulerait réellement. Alors ce n’est pas un manuel de police judiciaire ou de technique mais la réalité est aujourd’hui, là encore, un aspect recherché par le lectorat. Le lecteur découvre le fonctionnement d’une institution qu’il côtoie tous les jours mais qui demeure encore trop méconnue. En parcourant mes romans, il suivra les enquêteurs dans les méandres d’une enquête, sur la scène de crime, dans l’intimité des unités, derrière la colonne d’assaut du GIGN, par exemple.

Comme vous le savez, Miss Konfidentielle soutient la Gendarmerie nationale. Aussi, il serait intéressant d’en savoir davantage sur votre vie professionnelle. Quelles sont les grandes étapes de votre parcours ? Je suis Saint-Cyrien (1995-1998) et j’ai commencé ma carrière dans l’arme du génie. En 2002, j’ai intégré la gendarmerie par voie du concours dit officiers des armes. Depuis lors et après une année de scolarité à Melun, j’ai commandé un escadron de gendarmerie mobile, une compagnie de gendarmerie départementale à Thionville, effectué un passage à la DGGN. Après la scolarité à l’école de guerre, j’ai servi trois années durant dans une entité interarmées rattachée au chef d’état-major des armées et dont la vocation est de concevoir la doctrine d’emploi des armées. Le commandement d’une promotion de jeunes officiers à Melun entre 2015 et 2017 a été une expérience unique, d’une richesse humaine incroyable. Durant ces trois dernières années, j’ai commandé les 600 hommes et femmes qui constituent la gendarmerie dans le département de la Loire. Depuis le 1er août dernier, je suis affecté à la direction générale de la gendarmerie dans des fonctions RH qui ont vocation à accompagner les officiers supérieurs appelés à exercer des responsabilités importantes. Le tome 2 a été écrit à Saint-Etienne en 2019/2020 et il est paru en juin 2020. Intitulé Le sang des vierges, il a pour trame un scandale politico immobilier. Là encore, j’ai utilisé ma connaissance des institutions locales pour camper des personnages qui sont certes moins sanguinaires que ceux du premier livre mais prêts à tout pour s’enrichir, y compris avoir sur les mains du sang de jeunes innocentes. Ecrire avec comme décor des lieux connus, j’ai servi en Moselle, décor du tome 1, puis dans la Loire, tome 2, est pour moi une aide, une planche de salut. Il m’est aisé de positionner mes personnages dans des endroits que je connais. L’exercice de recherches préalables n’est pas celui que je préfère loin de là, car il nuit selon moi à la spontanéité et au plaisir de l’écriture. Vous souhaitez formuler des dédicaces en guise de conclusion… Absolument. J’ai eu l’occasion dans mes réponses de citer des personnes qui ont accompagné l’aventure. Mes pensées vont avant tout vers ma famille, mon épouse et mes enfants. Ecrire n’est pas une activité anodine. Je sais, du moins j’espère, qu’un jour mes enfants liront mes livres, dans de nombreuses années, mais cette transmission de bouts de moi est un geste fort. Le livre est un cadeau fait aux lecteurs, le livre est un objet particulièrement intime et savoir que mes mots ont accompagné quelques heures durant des gens que je ne connaîtrai jamais est émouvant. Je remercie mes amis qui m’ont soutenu et contribué à l’écriture du tome 2. J’ai constitué un petit comité de lecture de huit amis et leurs retours critiques a permis au livre d’évoluer et d’être ciselé.

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