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  • Romain Pascal Romancier

Le sang des vierges - 2nd extrait

« L'homme s'approcha doucement.

La femme avec qui il allait passer l'après-midi était là. Allongée. Immobile. Offerte. Une boucle de longs cheveux avait glissé et pendait du bord du lit. Elle ne portait que des bas. Le reste de son corps était déjà entièrement nu.

Comme à son habitude, il l'observa sans la déranger. Ses yeux réfugiés derrière les lunettes se posèrent sur les pieds de la jeune femme. Il remarqua d'emblée le vernis rouge vif qui tranchait malgré le voile de nylon qui en occultait l'éclat. Au niveau de la cheville droite, un ruban noir s'enroulait en volutes gracieuses avant de venir se perdre sur le mollet. Les tatouages n'étaient pas trop son truc, mais il dut reconnaître que celui-ci était original et plutôt bien réalisé. Les jambes fuselées étaient collées l'une contre l'autre. Longues, elles accrochaient le regard. Après la bande plus sombre et agrémentée de dentelles qui marquaient le haut des résilles, la peau apparaissait. En connaisseur, il put en apprécier le grain.

Malgré le froid ambiant, la peau ne frissonnait pas. Bientôt, les cuisses se rejoignaient pour laisser place à l'hypnotique triangle de poils bruns, coupés très courts, qui surmontait le sexe de la jeune femme. Un piercing en forme de diamant ornait le nombril. L'homme n'eut pas besoin de toucher pour comprendre à quel point le ventre était musclé. Les légers renfoncements trahissaient d'eux-mêmes les abdominaux ciselés. Sans doute le résultat de longues et assidues heures de sport. Vu le physique de la jeune femme, il paria pour la natation.

La poitrine tranchait un peu avec le reste du corps. Sans être hors norme, elle était bien trop volumineuse pour être naturelle. Il était certain qu'elle portait des implants mammaires. Il était dommage qu'elle eût cédé à ce diktat stupide. L'observateur était certain que cette opération n'avait pas apporté grand-chose, et que la jeune femme était déjà très belle et attirante sans cela. Il savait d'expérience que malheureusement la mode était impitoyable et qu'elle n'avait sans doute pas trop tergiverser avant de céder aux sirènes de la chirurgie esthétique.

Après le long cou, fin et élancé, il entama l'observation du visage endormi.

La beauté laissa alors place à l'horreur indicible.

L'homme ajusta ses gants en latex. Une fois équipé correctement, il remonta le masque chirurgical sur sa bouche et s'approcha. D'un geste assuré, il orienta la lampe qui surplombait la table d'autopsie afin que le puissant flux de lumière soit orienté en totalité vers le visage de la femme. »

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